Passionnée par la danse depuis toute petite, je puise régulièrement mon inspiration dans cet univers pour développer mes collections.

Frédéric est mon professeur de danse classique. Après avoir été des années danseur, il enseigne au Centre de Danse du Marais où il a lui-même appris à danser.

Ses élèves disent de lui qu’il est le meilleur professeur de Paris, tant ses cours allient légèreté, humour et passion.

A travers cette interview, je vous propose de découvrir son parcours, ses conseils et son regard sur la vie.

Peux-tu nous raconter ton histoire avec la danse ?

Mon histoire avec la danse a commencé avec mon frère. Petits, on se déguisait, on mettait une musique et on se laissait porter. On improvisait, mais nous n’avions conscience de rien, nous n’étions pas encore dans une école de danse, on avait alors 5-6 ans. C’est longtemps resté un jeu d’enfants, on a réellement dansé assez tard car on avait 11-12 ans quand nos parents nous ont inscrits à la danse. On a commencé en province, par des cours de danse moderne, contemporaine. Nous ne faisions pas encore de danse classique et ne savions pas encore ce que c’était.

Et comment as-tu eu le déclic pour devenir danseur classique ?

Petit à petit mon frère, qui est plus âgé que moi, a commencé à faire du classique. Alors moi évidemment, en tant que petit frère, j’étais jaloux… j’ai voulu faire pareil et c’est ainsi que j’ai commencé sérieusement à Paris vers l’âge de seize ans. Mon frère était déjà lancé, il était doué et avait été admis au Conservatoire Supérieur de Danse de Paris. De mon côté, j’ai persisté et j’ai commencé mes premiers cours au Centre de Danse du Marais, je suivais les cours d’Yves Casati qui était de l’Opéra de Paris. Au départ, Yves m’a trouvé nul, il m’a même dit « tu ne danseras jamais ! ». Et puis, petit à petit, il a commencé à sentir que j’avais « quelque chose ». Il s’est alors occupé de moi et très vite ma vie est devenue extraordinaire car les choses se sont accélérées.

J’apprenais aussi le théâtre aux Cours Florent et j’ai dû faire un choix car je ne pouvais pas tout faire. Tout le monde me disait d’être acteur et pourtant j’ai choisi la danse. J’ai rapidement progressé et j’ai été admis dans une grande compagnie en Allemagne qui était l’Opéra de Karlsruhe avec Germinal Casado (qui avait été premier danseur chez Béjart).

Puis après je suis parti au Mexique, j’ai dansé au sein du Ballet National de Mexico. J’y suis resté plusieurs années et j’ai adoré, j’aurais pu faire ma vie là-bas.

Quel est ton premier souvenir avec la danse ?

Mon premier souvenir avec la danse est très fort car il est lié à Noureev (Noureev est considéré comme le plus grand danseur classique et l’un des plus grands chorégraphes du 21ème siècle). Noureev était venu au Palais des Congrès de Paris et il cherchait un figurant. J’ai eu la chance d’être choisi et j’étais présent avec lui sur scène, j’avais 17-18ans.

C’était un tout petit rôle de mendiant, Noureev jouait le prince et il me jetait des pièces. Mais étonnamment on m’a remarqué sur ce petit rôle et comme j’étais très expressif sur scène, Noureev a été un peu jaloux de l’intérêt qu’on me portait. Il aimait avoir le monopole, alors il avait décidé de s’habiller sur scène pour attirer à nouveau l’attention sur lui. Tout le monde rigolait et me disait « tu as fait de l’effet à Noureev ! ». Voilà, j’avais 17 ans, et c’est le premier souvenir important de ma vie de danseur. J’avais marqué Noureev, alors que je n’étais rien… je n’étais rien, je démarrais !

Est-ce qu’il y a une rencontre qui t’a particulièrement marqué dans ta carrière ?

Ma rencontre, ce fut Casati. C’est lui qui m’a tout appris, je lui dois tout. C’est Yves qui m’a permis de devenir danseur, lui qui m’avait dit « tu es nul, tu ne seras jamais danseur » et qui finalement s’est penché sur mon cas et m’a formé. Yves était un grand professeur, il a formé beaucoup d’élèves, c’était l’école de l’exigence, celle d’un très grand maître. Vraiment je lui dois tout.

Ton meilleur souvenir sur scène ?

En Allemagne, la première fois où je suis monté sur scène au sein de la compagnie, entouré de grands danseurs, avec cette sensation d’être confirmé, d’être enfin danseur.

D’après toi, qu’est ce qu’un bon danseur ?

Un bon danseur bien sûr,

doit avoir une très bonne technique mais il doit aussi être artiste.

Par exemple, moi je n’étais pas un très grand technicien

mais je plaisais aux chorégraphes car j’étais très expressif.

C’est ce qui m’a permis de danser dans plusieurs compagnies.

Je n’étais pas un grand danseur mais j’étais un danseur « bien »,

un danseur « passionné », toujours présent, très exigeant avec moi-même.

J’ai toujours satisfait les gens avec lesquels j’ai travaillé

et les compagnies étaient contentes de moi.

Comment es-tu devenu professeur ?

Encore une fois grâce à Yves, j’ai commencé par le remplacer quand il partait en vacances. Je secondais mon « maître » et finalement j’ai pris la place du maître.

Est-ce difficile, après avoir été des années élève puis artiste, de changer de rôle ?

Non pas du tout. Je n’ai pas eu de problème avec cela, j’avais un corps qui n’était pas facile à mener, je souffrais physiquement. De plus, j’étais très « traqueur », dès que je montais sur scène j’avais le trac, et ça c’est terrible ! Donc j’ai commencé à devenir professeur assez tôt, j’avais une trentaine d’années.

Qu’est-ce que tu aimes dans le métier de professeur ?

J’aime transmettre et donner de l’amour aux gens, j’entends par là l’idée que les gens soient bien, c’est ma priorité. Au-delà de l’enseignement c’est une alchimie, il faut transmettre avec le plaisir, peu importe le niveau, débutant ou professionnel, je ne fais pas la différence, le regard que je pose sur la personne est le même. Je ne vais pas favoriser le professionnel ou me mettre à plat ventre devant un danseur étoile, non, je m’occupe de tout le monde..

Que dirais-tu à quelqu’un qui aimerait commencer la danse mais qui n’ose pas ?

Je lui dirais d’oser. Finalement quel risque prend-il à part celui d’essayer ? Il faut oser dans la vie, passer outre les critiques que l’on reçoit. J’ai coutume de penser que quand quelqu’un nous limite, cette personne se limite elle-même, reporte ses craintes ou ses peurs sur autrui. Moi mon professeur (toujours Yves Casati) m’avait dit que je ne serais pas danseur et pourtant… Il est venu me voir en Allemagne puis il m’a permis de devenir professeur. J’ai énormément travaillé, j’ai cru dans mes rêves et je me suis accroché.

Toi qui es passionné par la danse, qui as été élève, danseur et désormais professeur, peux-tu nous dire en quoi l’univers de Maison Guillemette te rappelle-t-il le monde de la danse ? .

Guillemette me rappelle la danse à travers les couleurs et les tissus qu’elle choisit. On ressent une certaine fraîcheur, une certaine légèreté. On retrouve un côté fluide, dansant, dans le mouvement de ses robes. On sent qu’elle aime sincèrement la danse, son univers est aérien, il y a quelque chose de très artistique et à la fois épuré. Maison Guillemette me rappelle les ballets romantiques, m’évoque une histoire d’amour.

En poursuivant votre navigation sur ce site ou en cliquant sur le bouton Accepter, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et mesurer la fréquentation de nos services.